Delacroix dans La liberté guidant le peuple, 1830: témoignage de la réalité de la violence vécue et symbolisme idéal de l'allégorie, dans le style romantique.
Picasso dans Guernica, 1937: expression du ressenti de la violence, visualisée à partir d'images documentaires de journaux, appliquée à des symboles et réinterprétée dans le style cubiste.
Banksy dans La colombe au gilet pare balle (Armoured dove), 2005: ironie dénonçant la violence sous jacente de la réalité, mise en tension par l'emplacement du graph, dont le message est immédiatement compréhensible par tous.
Elyx est un petit héro trans media dessiné par YAK (Yacine Hait Kaci) qui donne ainsi une descendance à Ixel, son personnage emblématique du magazine pour ados XL, publié dans les années 90. Avec l'arrivée du numérique, YAK a troqué encre et papier contre souris et ordinateur, puis, il a quitter son écran et son bureau grâce aux technologies nomades. Comme les impressionnistes qui se sont libérés de l’atelier grâce au tube de peinture, il a commencé un créer sur le motif, sur le réel, en quelques traits qui disent l'essentiel.
Ce travail mixte, qui mélange le dessin au feutre, la photographie, voire la vidéo et le numérique, exige une attention particulière aux monde qui nous entoure. La recherche photographique de mise en scène basée sur le rapprochement des plans permet d'inclure ce petit bonhomme dans l'espace réel en trois dimensions, alors qu'il évolue dans un espace en 2 dimensions.
Mascotte des Nations Unies pour les 70 ans de l'ONU
Elyx est d’accès très simple, il ne parle pas, il est de bonne humeur, il n’a aucun signe culturel distinctif. Tout le monde peut se l’approprier. "Il est le regard d'enfant qu'il y a dans chacun d'entre nous, le garant d'une autorisation qu'on se donne à regarder les choses librement.». Il prône un message contre l'exclusion, mettant en valeur ce qu’il y a de commun à tous, plutôt que les particularités de chacun. Message de poésie universelle, Elyx est pour cette raison devenu officiellement le premier ambassadeur virtuel pour les Nations Unies sur les réseaux sociaux depuis le mois de septembre 2015.
Les élèves de quatrième ont passé un séjour au Pays Basque des plus passionnants.
De retour à Angreviers, ils ont tout plein de souvenirs à partager!
Leur travail de photographie rend compte des images qu'ils ont encore en tête...
Inventeur de l'art optique, Vasarely crée des volumes qui franchissent la frontière de la surface plane du tableau. Visite guidée dans le musée qui lui est dédié à Aix en Provence:
Avec une feuille et du papier, les formes géométriques jouent avec l'optique créant des illusions d'espace: plans, couleurs, perspective, volumes, creux, reliefs.
Mais avec les outils numériques, c'est le temps lui même qui entre dans la danse. Voici quelques travaux d'élèves remaniés par leur soin sur ordinateur, pour créer l'illusion du mouvement.
L'auto-portrait est un exercice de recherche sur les apparences de la représentation.
De ce fait, le miroir est un des outils du peintre, tout autant que la photographie.
En atteste l'exemple de Norman Rockwell, qui dans sa pratique technique, emboite les images, multipliant les plans et les points de vue, et illustrant les étapes de son travail, passant de la photographie au reflet puis du dessin à la peinture, afin de saisir la ressemblance physique la plus proche de la réalité.
Ce faisant, il met en scène les jeux qui s'instaurent entre les espaces physique, littéral, suggéré et symbolique dans une image.
Norman Rockwell, triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113x87cm. Peinture réalisée pour la couverture du journal: Saturday Evening Post du 13 février 1960. A droite: une des photographies de travail de l'artiste pour cette peinture.
Alors, que regarde le spectateur? Que voit il réellement? Et quand le spectateur est l'artiste lui même?
Eléments de réponse dans les travaux des élèves de troisième:
Alors qu'il est considéré comme un des artistes les plus représentatifs de la peinture américaine traditionnelle et conventionnelle, Norman Rockwell était un admirateur fasciné par l'expressionnisme abstrait, à la pointe de la modernité artistique de son époque aux Etats Unis.
Non sans humour et dérision, son tableau "The connoisseur" (que l'on pourrait traduire par "l'amateur", dans le sens snob du terme) qu'il créa pour la couverture du Saturday Evening Post du 13 janvier 1962, fut pour lui l'occasion de partager avec le grand public son admiration pour ce style de peinture.
Il choisit d'expérimenter la technique de Jackson Pollock et découvrit la difficulté extrême de la peinture abstraite, en même temps que l'ampleur de son propre talent (il gagna des prix lors d'expositions avec les œuvres abstraites qu'il avait peintes et utilisées pour son tableau définitif.)
Jackson Pollock et sa technique de dripping
Norman Rockwell dans son atelier lors de la création du "connoisseur"
Modèle posant pour Norman Rockwell dans le studio photo de son atelier et la peinture finale.
Face à la peinture abstraite, les élèves de sixième ont parfois été dubitatifs: comment cela pourrait il être de l'art, alors que ça ne représente rien? Et en quoi est ce difficile? Un enfant de 2 ans pourrait en faire autant!
En expérimentant l'organisation abstraite des couleurs de l'arc en ciel dans un espace défini, mais qui ne soit pas celle d'un arc en ciel, ils ont pu appréhender la notion de composition plastique.
La représentation figurative n'est pas nécessaire à la beauté artistique, mais sans elle, il faut inventer une nouvelle structure de construction de l'image, révélant ainsi un éléments essentiels de la véritable création.
Et voici quelques spectateurs célèbres admirant leurs travaux abstraits:
De détournement d'une œuvre d'art n'est jamais anodin. A la fois désacralisée et référence,
elle devient icône, d'autant plus symbolique que son image est plus largement diffusée.
Manifeste artistique ou politique, parodie humoristique ou publicitaire, le sourire de la Joconde parle au monde entier.
Banksy - 2001
Marcel Duchamp - L.H.O.O.Q - 1919
Andy Warhol - Mona Lisa - 1963
A l'occasion des campagnes de sensibilisation de ce début d'année 2018, contre le harcèlement à l'école, les risques des réseaux sociaux sur internet, le sexisme et ses conséquences, le racisme et l'antisémitisme, les élèves de quatrième ont travaillé sur des affiches qui utilisent l'expression du visage comme message universel, en détournant des représentations iconiques des canons de la beauté de leur époque.
Petite évolution des canons de beauté féminine: chaque époque et chaque culture a des critères de beauté différents
Au delà du symbole, l'expression est un vecteur puissant, commun à tous. Mais comme on peut le voir ci dessous dans le clip d'Opale, l'anatomie et les mimiques seules ne créent pas l'expression: c'est aussi les ombres et les lumières, la couleur, la forme, les mouvements... et leur interprétation, selon le regard qu'on leur porte.
Quand on se ballade au musée, on ne comprend toujours pas tout... même avec les explications...
Mais si on s'empare de l'œuvre qui nous pose question, c'est tout un univers qui s'ouvre devant nous.
Composition T.54.15.
Hans Hartung. 1954. Huile sur toile.
Cette peinture d'Hans Hartung par exemple: on pourrait croire que ce n'est qu'un gribouillis, mais ce geste de l'artiste nous raconte personnellement toute une histoire...
Voici celle de Mathilde:
On associe généralement dans notre langage occidental les sons, les goûts, les
couleurs, les parfums et les sensations tactiles sous forme de métaphore.
Le
vin sera "rond", un rouge sera "chaud", une musique sera "sucrée", un
parfum sera "aiguë", une douleur sera"blanche"...etc...
Alors qu'il existe un langage spécifique à chaque perception sensorielle, pourquoi éprouve-t-on la nécessité de les combiner?
Jacques LINARD - Les 5 sens (1638) Huile sur toile, 55 x 68 cm, Musée des Beaux-arts (Strasbourg)
Outre
l'élargissement des possibilités de description et de poésie, on s'est
aperçu qu'inconsciemment, ces associations reflètent un des phénomènes
par lequel fonctionne le cerveau, qui, pour mémoriser, comprendre,
imaginer...etc... crée les liens neuronaux entre les différentes zones
du traitement des stimuli extérieurs.
Si les artistes utilisent très souvent, sans même le savoir, cette caractéristique du cerveau humain, qui se trouve peut être à l'origine de l'art (?), de
nombreux poètes, musiciens et peintres ont pris conscience que cela se manifestait bien au-delà de la métaphore.
Goethe et Théophile Gauthier, mais aussi
Kandinsky, Klee ou Kupka, Scriabine, ou Franz Litz ont théorisé de manière plus ou
moins convaincante, ce que Baudelaire appelle "les correspondances", dans un poème de 1857, publié dans le recueil de poésie "les fleurs du mal".
Les
progrès de la science permettent aujourd'hui de mettre en évidence non
seulement ce phénomène neurologique et intellectuel, mais aussi d'expliquer la
synesthésie, qui en est une manifestation sensorielle, présente chez
environ 4 à 7% de la population.
Si, par exemple, pour la majorité de la population, la couleur rouge, évoque la chaleur, il provoque pour certaines personnes une vraie sensation de chaleur: une sensation visuelle devient, en plus, une sensation tactile.
Et
ceci peut se produire, selon les cas, avec tout type de perception, qui
sera considéré comme plus ou moins étrange par ceux qui ne ressentent
pas cette mixité: des sons ou des lettres pouvant être perçus avec des couleurs, des
formes avec des goûts ...etc...
Vidéo pour mieux comprendre ce qu'est la synesthésie:
Vidéo témoignages de synesthésie son/ couleur en mouvement:
Quand elle joue de la musique:
Quand ils écoutent de la musique:
Quand Scriabine compose de la musique:
Des peintres qui créent en transposant ce qu'ils entendent:
Par synesthésie: Melissa Mac Craken
Par métaphore: Vassili Kandinsky, "Symphonie en noir et violet", 1923, huile sur toile (77 × 100 cm collection privée), (ici mis en mouvement par Benjamin Casanova, 2014)
Ou ce qu'ils voient:
Vassili Kandinsky, "Jaune, rouge, bleu". Huile sur toile, 128 x 201 cm, Centre Georges Pompidou, Paris. Mis en mouvement et en musique par Benoît Voarick
pour l'installation "Sonorité des couleurs". Compagnie Vire Volte, 2005
Nous sommes tous un peu synesthète, mais avouez que donner des couleurs à des sons, ou entendre des couleurs, ce n'est pas banal! Et bien difficile d'en faire partager l'expérience.
C'est comme expliquer ce qu'est la couleur à un aveugle de naissance...
En 2000, au Trapholt Art Museum de Kolding (Danemark), avec son installation "Helena", Marco Evaristi pose la question du bien et du mal, en proposant aux spectateurs d'appuyer ou non sur le bouton marche/arrêt de mixeurs dans lesquels nagent des poissons rouges.
Il amène les spectateurs à se positionner face à la tentation, à tester leur conscience concernant leur droit de vie ou de mort, mais également à se questionner sur l'art contemporain:
Peut on utiliser des êtres vivants, potentiellement destinés à en mourir, comme matériaux?
Quel est le rôle du spectateur dans la création d'une oeuvre d'art?
Accusé de cruauté envers les animaux, Evaristi, qui n'a jamais lui même mis en route un des mixeurs, a été relaxé par la justice, des experts ayant prouvé que les deux seuls poissons broyés lors du vernissage n'avaient pas souffert.
Pourtant, même si Peter Meyer, le directeur du musée, estimait qu’ « un
artiste a le droit de créer une œuvre qui défie nos concepts de ce qui
est bien ou mal », les mixeurs furent débranchés durant tout le reste de
l’exposition.
A l’instar des très nombreuses émissions tv ou publicités aux Etats Unis, qui essaient de tout passer au mixeur pour s'amuser et tester les appareils ménagers ("does it blend?") l'art a été passé à la moulinette par le blender de la morale.
Bien ou mal? A chacun de faire ou de ne pas faire de choix, avec la liberté d'en changer.
L'important est de se poser la question...
Luttes et Pouvoirs dans les Arts du XXème siècle et XXI ème siècle. Oeuvre étudiée en troisième en arts plastiques: Keith Haring: symboles, accumulation, ordre et désordre du monde actuel Cliquer ICI pour en savoir plus sur l'artiste et son oeuvre
Keith
Haring, The Marriage of Heaven and Hell
(1984)
Un tableau, ce n'est pas seulement "une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblé" (Maurice Denis, 1890). C'est aussi des matières, des formes, des textures, des volumes...
Parmi les formes plastiques fondamentales, le cercle et le carré forment un couple de figures géométriques qui intéresse scientifiques et artistes depuis l'antiquité (problème de mathématiques lié au nombre Pi, essentiel en architecture et dans les arts plastiques).
En peinture, comme dans de nombreux domaines artistiques, la quadrature du cercle est déclinée par de nombreux artistes, dans le cadre de leur recherche sur l'harmonie des formes et des proportions, que ce soit celles du support ou de l'image.
Rosace, Notre Dame de Dijon, XIII eme
S, vitrail
Léonard de Vinci, Homme de Vitruve,
1490, encre sur papier
Mandala, Tibet, 20eme S, sable
coloré déposé au sol
Kasimir
Malevitch , Cercle noir sur fond blanc, 1923, huile sur toile
Franck Stella, Haran
II, 1967, 304x609 cm, polymère sur toile
Felice Varini,
Disque dans carré, carré dans disque, 2013 peinture murale